05 Mai

Entreprise vs Développement personnel

« L’entreprise n’a pas vocation à faire du développement personnel de ses salariés, mais du développement collectif »

Telle est la réponse que m’ont faite, en 2018, plusieurs entreprises à qui j’avais proposé des accompagnements individuels de leurs collaborateurs. J’étais alors convaincu que la plupart des dysfonctionnements (coûteux) des entreprises trouvaient leur origine dans les difficultés relationnelles et les représentations individuelles de chacun.

Ma proposition consistait alors à mettre en place des plages horaires de présence hebdomadaire pendant lesquelles chaque collaborateur volontaire pouvait s’inscrire et profiter d’une ou plusieurs séances de coaching pour acquérir des clés de compréhension des relations humaines et des outils qui l’aident à mieux communiquer avec ses collègues, à prendre du recul sur les difficultés relationnelles ou émotionnelles qu’il rencontrait, à atteindre ses objectifs, à prioriser ses activités, etc. Dans mon approche, tous ces petits déblocages réalisés à l’échelle individuelle contribueraient au mieux-être de chacun et donc à la performance collective.

Six ans plus tard, où en sommes-nous ? Un confinement est passé par là, mettant en lumière chez beaucoup d’individus la nécessité vitale d’un lien social de qualité, apaisé, agréable et enrichissant, et contribuant à leur mieux-être personnel. Les entreprises, jusque là focalisées sur le « développement collectif », se débattent désormais avec des salariés et des candidats à l’embauche avides d’épanouissement personnel.

« Le travail est avant tout un prétexte pour entrer en relation »

Peut-on réconcilier le besoin individuel d’être bien dans sa peau avec le besoin de l’entreprise d’atteindre une performance collective ?

Il me semble que oui, si l’entreprise prend enfin en considération le fait qu’elle est constituée d’individus humains, sujets aux émotions et aux états d’âme (non, ce ne sont pas des gros mots), et pour qui finalement le travail est avant tout un prétexte pour entrer en relation avec leurs semblables, même si ce besoin élémentaire est souvent inconscient. Pourquoi tant de nouveaux retraités dépriment-ils ? Ce n’est pas le travail qui leur manque, mais bien le lien social.

En permettant à ses collaborateurs d’acquérir individuellement les clés de relations saines et enrichissantes (car pour l’immense majorité des humains, cela demande un apprentissage), l’entreprise prend soin de leur premier et principal besoin : celui d’entrer en relation. Et de ce fait, elle supprime la source d’un grand nombre de ses dysfonctionnements et prend ainsi soin de sa propre performance.

04 Juil

Mes très chers doutes

Mes très chers doutes,

Il y a longtemps qu’on se côtoie, vous et moi, et je n’ai pourtant jamais pris le temps de vous écrire. C’est un élan de gratitude qui me traverse aujourd’hui et une irrésistible envie de vous dire « merci ! ».

Si j’essaie de me remémorer à quand remonte notre première rencontre, je ne suis pas sûr (et c’est heureux!) de trouver la bonne date ni même la tranche d’âge. J’ai presque l’impression que vous avez toujours été à mes côtés. Si je garde une conviction (car oui, j’en ai quelques-unes), c’est que vous êtes en grande partie responsables de mon évolution. Tant de fois ai-je failli m’enfermer dans des certitudes ! Souvenez-vous par exemple de toutes ces situations où, découvrant un environnement nouveau, des pratiques nouvelles, des gens qui pensent autrement, j’ai été tenté de porter un jugement sans appel et d’affirmer l’idée que mes croyances étaient la meilleure et l’unique voie. Heureusement, vous, mes doutes, n’étiez pas loin et avez su vous manifester à moi pour élargir mon angle de perception. Oh ! Bien sûr, il m’arrive encore souvent d’être hermétique à vos murmures et de claquer la porte au nez du premier point de vue différent qui s’offre à moi. J’en sors alors rarement gagnant, surtout lorsqu’il s’agit d’entrer en communication avec mes semblables.

Mais j’ai appris avec le temps à sentir votre présence et à en percevoir les bienfaits. Si vous n’aviez pas été là, à quoi ressemblerais-je aujourd’hui ? Probablement serais-je pétri de certitudes dans beaucoup de domaines. Toute conversation avec moi mènerait alors soit à l’adhésion inconditionnelle (dans le meilleur et plus rare des cas), soit à la guerre ouverte dès lors qu’un avis contraire au mien serait exprimé, soit à la prise de pouvoir. L’enfer !
Qu’il m’est doux de me dire que l’autre a le droit de penser le contraire de moi sans que cela ne me dérange !
Qu’il m’est précieux de m’autoriser et accepter d’avoir tort, de m’être trompé et de pouvoir me ranger à un avis plus éclairé, sans pour autant m’en sentir dévalorisé !
Qu’il est bon de sentir comment toutes ces occasions sont autant d’opportunités d’évoluer vers plus de conscience et d’ouverture d’esprit !
Sans vous, j’aurais surement pour habitude de traiter les gens de cons, de crétins et d’autant d’autres marques de condescendance et de suffisance ; ce serait cela mon pauvre système d’auto-rassurance. J’aurais cette colère à fleur de peau, que je déverserais sur les autres en toute occasion pour me cacher à moi-même que je m’accepte difficilement comme je suis. Je ne supporterais pas que quelqu’un m’enseigne ou me conseille en quoi que ce soit car cela pourrait signifier que j’ai une faille et des lacunes. Je préférerais alors stagner et rester dans les mêmes schémas indéfiniment. Peut-être même que sans vous, mes chers doutes, je vieillirais mal et deviendrais aigri… Puissiez-vous m’épargner cela le plus longtemps possible.

Soyons toutefois honnêtes, il est bien des situations où j’aimerais que vous vous tinssiez à distance. Ce serait tellement plus confortable pour moi de pouvoir m’exprimer avec conviction, d’offrir un discours, une conférence ou un concert sans entendre cette petite voix intérieure que vous utilisez pour me questionner et qui me déstabilise. Lorsque je parviens à la faire taire ou à ne pas l’écouter (oui, cela m’arrive parfois), je sens combien la spontanéité et la générosité peuvent s’exprimer et s’épanouir avec plus d’espace. Allez ! J’ose vous demander une petite faveur, la voici : tentez de percevoir ces petits instants où vous pouvez me lâcher la main et vous effacer pour me laisser expérimenter d’autres méthodes de conduite. J’en assumerai alors toutes les conséquences et ne vous tiendrai responsables d’aucun accident.

Mais pour le reste, mes très chers doutes, ne changez rien. Restez près de moi et continuez de tenir ma conscience en éveil, d’entretenir mon goût pour les nouvelles expériences et de garder mon sens du mouvement en alerte.

Avec toute mon affection,

Samuel

12 Juin

L’Entreprise est morte, vive l’Entreprise !

Le monde change. Comme toujours, me direz-vous. C’est vrai, mais le changement qui s’opère actuellement n’est ni technologique ni associé à la nature du marché, comme ont pu l’être la révolution numérique et la mondialisation. Il est spirituel ou métaphysique ou de l’ordre de ce qui touche à la conscience et l’éveil – choisissez l’étiquette qui vous parle le mieux. Il est donc profondément et essentiellement humain, c’est pourquoi il concerne les entreprises en premier lieu.

En quoi consiste ce changement ?

Eh bien, pour schématiser, plus les individus sont en quête d’éveil de leur conscience, plus leur intérêt et leur préoccupation sont dirigés vers ce qui nourrit leur âme – le bien-être, la santé, les relations saines et enrichissantes, la considération de leurs émotions, le sens de leur activité professionnelle – au détriment de ce qui nourrissait jusqu’à présent leur ego – les aspects matériels et superficiels de l’existence, un gros salaire, une belle maison, l’ascension hiérarchique, les promotions, le prestige professionnel, etc.

Comment ce changement se met-il en œuvre ?

Il doit naître et être porté par les organisations les plus agiles et les plus adaptables, celles pour lesquelles cette adaptation rapide est une question de survie à court terme : les TPE/PME ! N’attendons pas que les géants, les grandes entreprises et les administrations jouent les locomotives. Tant qu’elles auront les moyens financiers de maintenir les paradigmes dans lesquels elles baignent depuis des décennies, elles ne changeront rien. Elles continueront de recruter des collaborateurs formatés et moulés dans les grandes écoles, de nommer des managers intellectuellement brillants, vifs et ambitieux mais totalement hermétiques aux questions spirituelles et émotionnelles qui animent les humains qu’ils dirigent, d’essorer leurs équipes pour servir un idéal de performance et de productivité (moyennant des avantages sociaux aveuglants et soporifiques). Laissons donc ces vieux mammouths immobiles se vautrer dans un modèle dépassé, tranquillement installés sur les rails de la déliquescence assurée et encourageons plutôt les petites entreprises à jouer les pionniers du nouveau monde : celui où les femmes et les hommes trouvent l’épanouissement de leur âme et peuvent ainsi exprimer toute leur créativité et leur enthousiasme, parce que débarrassés des contraintes d’un ancien temps – le stress, la productivité, la course à la promotion, les combats de coqs et les indicateurs de performance.

De quels outils ces TPE/PME disposent-elles pour mettre en œuvre cette révolution ?

Il s’agit de pratiques simples : les ateliers / conférences de communication non violente, d’intelligence collective, les formations en régulation émotionnelle, l’initiation à la méditation, la sensibilisation à l’estime de soi (prérequis à l’estime des autres) et maintes autres clés de compréhension de l’humain sans son masque de contrôle…

Quant à vous, salarié(e)s et travailleurs(euses) de tous horizons,  choisissez l’environnement et le format de travail qui favorisera l’épanouissement de qui vous êtes vraiment et l’expression de votre sensibilité profonde. Et si votre environnement actuel ne flatte que votre ego mais qu’il vous est techniquement impossible de changer de crémerie, choisissez alors de le changer de l’intérieur.

09 Mar

Une expérience incroyable

Je sors d’une expérience incroyable, déclenchée le 27/02/2023 avec l’envoi de ce mail à quelques personnes de mon entourage et qui m’a littéralement transformé.

Retour sur cette expérience

Et je termine en partageant avec vous la musique qui a accompagné mon retour à la maison, ce super titre de mon ami Armel Dupas et de son fantastique trio qui vous donnera la pêche pour la journée